Poème
 
 

Les Plastiques


La vie a très bien réparti, les proportions et symétries
Qu’elles veulent à tout prix modifier, ou rectifier pour un standard
Que les médias ont imposés, en édifiants des gens à part,
Au risque d’être pathétiques, en frôlant la dissymétrie.

Elles flottent dans les apparences, pour un « moi je » pour un paraître;
Happées par le superficiel, englouties par le ridicule…
Estompent tout le naturel, éparpillant tout leur pécule
Sur des produits, plutĂ´t, nocifs, qui iront travestir leur ĂŞtre.

Ayant négligé leur raison, aux portes de leurs obsessions
Veulent à tout prix changer d’aspect, traquent beauté et « soi meilleurs »
Sont à la traîne des images, de quelques revues d’arnaqueurs
Gobent des tas de boniments, fin prĂŞtes Ă toutes concessions.

Elles ont troqué leur nez gênant, pour un bout saillant pas trop chic
Sur un visage malmené, par des piqûres et de l’acier ;
Gonflent leurs seins de silicones : une montgolfière sur deux pieds
Lestées au sol comme un boulet, rançon de mode et de plastique.

Mesdames votre naturel est le garant de l’élégance,
Quoiqu’il en soit de vos rondeurs, des traits, des peaux de vos couleurs
Un mot émanant d’un sourire, à inhaler comme une fleur
Suffirait à ressusciter en vous le charme et la confiance…
 
 

 

 
 
 

Avez-vous déjà lu le poème
Comedia del ARTE
de Marie-Rose ?

 
  Présentation par l'auteur
 
 
 

Ce poème s'adresse aux plastiques non justifiés. Bien évidemment, je ne vise pas les personnes dont une maladie ou un malheur les a contraint à ces méthodes chirurgicales. Enfin la beauté est dans un sourire, une tendresse, une sincérité, et non dans le volume ou la forme du physique. Ce poème s'adresse aux hommes comme aux femmes, que l'on aime comme ils sont, "au naturel".

 
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Maurice Breillet - maurice.breillet@poemes-opus1.ch :
"Portrait sans concession de nos nouvelles "esclaves de la mode" dont les caractères, s'ils avaient été écrits en prose, rappelleraient ceux que La Bruyère avait épinglés en son temps. Ici, le choix d'un versification fantaisiste ne s'imposait pas. (Ce n'est que mon avis). Incorporés dans un simple texte, les traits acides dénonçant l'usage non médical des plastiques, par leur humour et leur accumulation, auraient mieux encore campé ces adeptes du paraître. (Ce n'est que mon avis). Mais j'avoue que ma critique est sévère et subjective. En tous cas, elle ne m'empêche pas de sourire et de prendre plaisir à ce décapage humoristique, car l'essentiel y est dit : "Mesdames votre naturel est le garant de l'élégance". On vous aime "comme çà ". Inutile d'en rajouter !" ( 07.09.2003 )

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